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Les traitements

Les troubles de l’humeur (comme le trouble bipolaire ou la dépression récurrente) se caractérisent par des variations extrêmes de l’état émotionnel, pouvant impacter la vie quotidienne, les relations et la santé globale. Stabiliser l’humeur, c’est :

  • Réduire l’intensité et la fréquence des épisodes dépressifs, maniaques ou hypomaniaques.
  • Améliorer la qualité de vie en limitant les répercussions sur le sommeil, la concentration, la mémoire et les relations sociales.
  • Prévenir les rechutes et les complications (comme les idées suicidaires ou les comportements à risque).

Les médicaments sont souvent la pierre angulaire du traitement, mais leur choix dépend de nombreux facteurs : type de trouble, symptômes dominants, antécédents médicaux, tolérance, etc.

Thymorégulateurs (ou stabilisateurs de l’humeur)

Les thymorégulateurs (ou stabilisateurs de l’humeur) sont des médicaments principalement utilisés dans le traitement des troubles bipolaires. Leur rôle est de réduire les épisodes de manie, d’hypomanie, de dépression et de prévenir les rechutes.

Les rôles

Dans le trouble bipolaire, les thymorégulateurs aident à :

  • Stabiliser l’humeur : Réduire les variations extrêmes entre les phases maniaques et dépressives.
  • Prévenir les rechutes : Diminuer la fréquence et l’intensité des épisodes.
  • Améliorer la qualité de vie : Permettre une meilleure gestion des symptômes au quotidien.

Les Effets secondaires

Les effets secondaires varient selon le médicament, mais peuvent inclure :

  • Prise de poids
  • Tremblements
  • Problèmes rénaux ou thyroïdiens
  • Somnolence ou vertiges
  • Risque de malformations fœtales

Antipsychotiques atypiques

Les antipsychotiques atypiques (ou de deuxième génération) sont fréquemment utilisés dans le traitement du trouble bipolaire, notamment pour gérer les épisodes maniaques, dépressifs ou mixtes, ainsi que pour la prévention des rechutes.

Les rôles des antipsychotiques

  • Traitement des épisodes maniaques : Réduction de l’agitation, des idées délirantes ou de l’euphorie excessive.
  • Traitement des épisodes dépressifs : Certains antipsychotiques atypiques ont une efficacité prouvée dans la dépression bipolaire.
  • Prévention des rechutes : Utilisés en maintenance pour stabiliser l’humeur à long terme.

Les avantages

  • Moins d’effets extra-pyramidaux (tremblements, raideurs).
  • Efficacité sur les symptômes dépressifs et maniaques.
  • Meilleure tolérance globale, bien que les effets métaboliques (prise de poids, diabète) soient à surveiller.

Les effets secondaires

  • Prise de poids
  • Sédation (surtout en début de traitement).
  • Risque métabolique : Augmentation du cholestérol, de la glycémie, ou développement d’un diabète.
  • Syndrome malin des neuroleptiques (rare mais grave).
  • Effets cardiovasculaires (allongement de l’intervalle QT).

Les Antidépresseurs

Dans le trouble bipolaire, l’utilisation des antidépresseurs est un sujet délicat et controversé. Leur prescription doit être soigneusement évaluée en raison du risque d’induction d’épisodes maniaques ou hypomaniaques (phénomène appelé switch ou virage de l’humeur), ainsi que du risque de cycles rapides (alternance rapide entre phases dépressives et maniaques).

Dans quelle situation les antidépresseurs sont-ils pris ?

  • Épisodes dépressifs sévères : Si les symptômes dépressifs sont intenses et ne répondent pas aux autres traitements (thymorégulateurs, antipsychotiques atypiques).
  • En association : Toujours combinés à un thymorégulateur ou un antipsychotique atypique pour limiter le risque de virage.
  • À court terme : Généralement prescrits pour une durée limitée, avec un arrêt progressif une fois la dépression améliorée.

Pourquoi les antidépresseurs doivent être prescrit sur un court terme ?

Les antidépresseurs peuvent déclencher un épisode maniaque, hypomaniaque ou mixte chez les personnes bipolaires, même si elles n’ont jamais eu d’épisode maniaque auparavant. Ce phénomène, appelé « switch » ou virage de l’humeur, est plus fréquent avec les antidépresseurs tricycliques .

Exemple : Un patient en dépression bipolaire peut basculer en manie après quelques semaines d’antidépresseur, ce qui aggrave son état.

Un suivi psychiatrique indispensable

Un suivi de votre traitement est indispensable pour plusieurs raisons

  • Adaptation du traitement : Les médicaments ne fonctionnent pas de la même façon pour tout le monde. Un psychiatre ajuste les doses et les molécules en fonction de ta réponse et des effets secondaires.
  • Surveillance des effets indésirables : Certains traitements (comme le lithium) ont une marge thérapeutique étroite (trop peu = inefficace ; trop = toxique). Des analyses sanguines régulières sont nécessaires.
  • Prévention des interactions : Certains médicaments (comme les antipsychotiques) interagissent avec d’autres substances (alcool, cannabis, autres médicaments).
  • Approche globale : Le psychiatre peut proposer des thérapies non médicamenteuses (TCC, psychoéducation, thérapie des rythmes sociaux) en complément.

Automédication ou arrêt brutal

L’automédication ou l’arrêt de médicaments destinés au trouble bipolaire (comme les thymorégulateurs, les antipsychotiques ou les antidépresseurs) est extrêmement dangereuse pour plusieurs raisons :

Risque de déséquilibre de l’humeur

Les médicaments pour le trouble bipolaire sont prescrits pour stabiliser l’humeur et prévenir les épisodes maniaques ou dépressifs. Une automédication peut :

  • Provoquer une manie ou une dépression sévère : Un dosage incorrect ou l’arrêt brutal d’un traitement peut déclencher des épisodes extrêmes.
  • Masquer les symptômes : Prendre des médicaments sans suivi peut donner l’illusion d’une amélioration, alors que le trouble s’aggrave en silence.

Effets secondaires graves

Ces médicaments ont des effets secondaires importants sans suivi médical :

  • Toxicité : Le lithium, par exemple, a une marge thérapeutique étroite (la dose efficace est proche de la dose toxique).
  • Interactions médicamenteuses : Mélanger des médicaments sans avis médical peut entraîner des réactions dangereuses (ex. : syndrome sérotoninergique avec certains antidépresseurs).

Diagnostic erroné

Le trouble bipolaire est souvent confondu avec d’autres troubles (dépression unipolaire, anxiété, TDAH). Une automédication peut :

  • Retarder un diagnostic correct : Prendre des antidépresseurs seuls peut aggraver un trouble bipolaire non diagnostiqué (risque de virage maniaque).
  • Empêcher un traitement adapté : Chaque patient nécessite une approche personnalisée (ex. : choix du thymorégulateur, ajustement des doses).

Dépendance et abus

Certains médicaments (comme les benzodiazépines parfois prescrits en complément) créent une dépendance. Sans encadrement :

  • Risque d’addiction : Utilisation excessive pour gérer le stress ou l’insomnie, avec des conséquences à long terme.

Conséquences légales et sociales

  • Conduite sous influence : Certains médicaments altèrent la vigilance (risque d’accident).
  • Impact professionnel/familial : Un épisode maniaque ou dépressif mal géré peut avoir des répercussions graves.

Il est donc recommandé de demander conseil auprès de votre psychiatre si vous voulez arrêter ou adapter votre traitement.

Alternatives et compléments

  • Thérapies psychologiques
    • Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : Pour gérer les pensées négatives et les comportements à risque.
    • Psychoéducation : Comprendre son trouble pour mieux le gérer au quotidien.
  • Hygiène de vie
    • Rythmes réguliers (sommeil, repas) pour stabiliser l’horloge biologique.
    • Activité physique (réduction du stress, amélioration de l’humeur).
    • Éviction des substances (alcool, drogues) qui perturbent l’équilibre chimique du cerveau.
  • Approches complémentaires (sous supervision)
    • Oméga-3 (études prometteuses sur la dépression et l’irritabilité).
    • Luminothérapie (pour les troubles saisonniers).